
Pour 2025, Royal LePage s’attend à une hausse de 7,5 % du prix des maisons unifamiliales dans ce segment du marché
Faut-il se hâter d’acheter une propriété récréative pendant que les taux d’intérêt jouent en faveur des acheteurs? Les tensions politiques entre le Canada et les États-Unis freineront-elles l’élan du marché? Et les Snowbirds québécois, de plus en plus méfiants à l’égard du climat politique américain, reviendront-ils investir ici? Autant de questions qui flottent dans l’air alors que le marché des résidences secondaires au Québec affiche une vigueur inattendue.
Selon le plus récent Rapport printanier de Royal LePage sur les propriétés récréatives qui étudie 17 marchés au Québec, les régions de villégiature de la province poursuivent leur ascension, malgré l’incertitude économique ambiante.
Le Québec tire son épingle du jeu
Loin de s’essouffler, l’engouement pour les chalets et marchés immobiliers de villégiature semble bien enraciné au Québec. D’après les données compilées par Royal LePage, le prix médian pondéré1 d’une propriété unifamiliale dans les régions récréatives de la province a grimpé de 7,6 % d’une année sur l’autre en 2024, atteignant 425 300 $. Les propriétés au bord de l’eau ont suivi avec une hausse de 6,4 %, tandis que les copropriétés ont gagné 3,7 % par rapport à 2023.
« Le marché immobilier dans les régions récréatives du Québec a observé une solide reprise en 2024 et les premiers mois de 2025 montrent une demande toujours à la hausse », affirme Dominic St-Pierre, vice-président exécutif, développement des affaires, Royal LePage. « L’inventaire est limité, les nouvelles constructions pour des résidences récréatives sont plutôt rares, les taux d’intérêt continuent de s’affaiblir et les acheteurs expérimentés possèdent une équité robuste permettant d’aspirer à des propriétés plus dispendieuses. »
Une demande portée par les taux d’intérêt… et un brin d’insécurité
Le retour de taux hypothécaires plus avantageux semble avoir ravivé l’intérêt des acheteurs pour les chalets et secteurs récréatifs. Selon un sondage effectué auprès des experts récréatifs de Royal LePage au Québec,2 pas moins de 70 % des experts interrogés au Québec par Royal LePage ont noté une hausse de la demande liée à cette baisse du coût d’emprunt en 2024, comparativement à l’année précédente.
« Nous sommes en présence des ingrédients parfaits pour un scénario de hausse continue des prix et de forte concurrence », poursuit M. St-Pierre. « Pour les vendeurs, cela ne garantit pas pour autant une vente facile : dans un marché aussi nuancé, un bon positionnement du prix demeure essentiel. Plus que jamais, faire appel à un courtier spécialisé dans les propriétés récréatives permet de naviguer avec justesse les particularités locales – zonage, accès aux plans d’eau, servitudes, financement atypique et bien d’autres. »
Les marchés récréatifs du Québec jusqu’ici résilients vis-à-vis des tensions commerciales, à la différence d’autres provinces canadiennes
Autre élément intéressant : les tensions politiques, notamment liées à la guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis, n’ont pas refroidi les ardeurs des acheteurs québécois dans le segment des propriétés récréatives. Tandis que d’autres provinces comme l’Ontario ou l’Alberta enregistrent un ralentissement de la demande, les marchés récréatifs québécois font preuve d’une résilience notable. À l’échelle nationale, le prix d’une maison unifamiliale récréative a augmenté de seulement 2,3 % d’une année sur l’autre pour atteindre 627 700 $.
Lorsqu’interrogés, une majorité des courtiers spécialisés dans les marchés récréatifs du Québec (67 %) ont signalé s’attendre à ce que la question des tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur les produits canadiens, et la riposte canadienne, aura des effets modérés sur l’activité immobilière de leur région. Près d’un répondant sur cinq (18 %) anticipe toutefois des répercussions significatives sur le marché récréatif, tandis que 9 % estiment que cette conjoncture n’aura aucun impact sur l’activité immobilière de leur région.
« Les marchés immobiliers urbains sont normalement plus sensibles aux fluctuations économiques et à l’incertitude politique », rappelle M. St-Pierre. « Il est encore difficile de mesurer précisément l’ampleur des répercussions de la dynamique tarifaire actuelle, mais jusqu’à maintenant, les marchés de propriétés récréatives du Québec semblent afficher une bonne résilience. Face aux décisions controversées de l’administration Trump, il est probable que certains Snowbirds québécois délaissent leur résidence secondaire située dans un État américain ensoleillé pour se tourner vers nos marchés récréatifs locaux. Ce phénomène pourrait accentuer la concurrence et stimuler davantage la demande pour ce type de propriétés au Québec. »
Prévisions 2025 : Une croissance attendue en début d’année, portée par des conditions encore favorable
Royal LePage prévoit une nouvelle hausse du prix médian en 2025 de 7,5 % d’une année sur l’autre pour les maisons unifamiliales situées dans les zones de villégiature québécoises, pour atteindre 457 198 $.3 Cette prévision repose notamment sur l’attente que la tendance baissière des taux d’intérêt continuera de soutenir la demande, comme le pensent 79 % des courtiers récréatifs de Royal LePage de la province. Déjà, depuis le début de l’année, les acheteurs ont semblé se précipiter avant que plus d’incertitude économique fasse obstacle à leur pouvoir d’achat. Toutefois, la majorité de cette croissance devrait survenir en première moitié d’année, alors que les acheteurs cherchent à profiter d’un contexte encore favorable.